05 décembre 2023

Le système limbique: Comprendre les réactions intuitives

Persuader

Nos technologies et notre façon de coopérer ont évolué rapidement au cours des dernières années et décennies. Notre cerveau, cependant, n’a pas reçu de mise ä jour depuis plus de 50 000 ans. D’un point de vue purement biologique, nous sommes toujours des chasseurs-cueilleurs qui apprennent ä faire face ä la vie autour du feu de camp et sont prêts ä passer en mode fuite ou combat ä tout moment pour assurer notre survie. Bien sûr, cette approche ne convient plus aujourd’hui, et nous avons donc l’illusion que nous sommes en mesure de contrôler consciemment nos actions et nos réactions.

De: Moja Buholzer  

Moja Buholzer

Master of Advanced Studies (MAS) en coaching et conseil organisationnel à l’Institut de psychologie appliquée de la ZHAW et MAS en mathématiques de l’Université de Zurich. Plus de 10 ans d’expérience en gestion à divers postes dans le secteur financier. Coach et formatrice indépendante pour les cadres, le développement d’équipe et des ateliers. Sous la devise «Un leadership qui fait plaisir», elle soutient et développe les cadres et les collaborateurs

Mais de nombreuses études prouvent qu’il s’agit d’une fausse idée. Ce n’est en fait pas surprenant, car notre subconscient contrôle chaque mouvement physique, qu’il soit volontaire ou involontaire.

On estime que 95% de notre activité cérébrale est inconsciente.

La science d’aujourd’hui estime que 95% de notre activité cérébrale est inconsciente. Cela signifie que la plupart des décisions que nous prenons, des actions que nous exécutons, de nos émotions et de notre comportement, dépend des 95% de l’activité cérébrale qui sont en dehors de la conscience.

Le tout est contrôlé par une quantité presque inconcevable de pensées qui se précipitent dans nos têtes. Selon ce que nous définissons comme des pensées individuelles, les scientifiques ont calculé que les gens ont entre 6000 et 70 000 pensées par jour. Même si nous partons du chiffre de «seule-ment» 6000, ce sont là quand même de nombreuses choses qui nous traversent l’esprit chaque jour.

Cependant, l’écrasante majorité de ces pensées reste inconsciente. À la fin de la journée, si je vous demande de quelles pensées vous vous souvenez, vous ne pouvez probablement en mentionner qu’une poignée. Même si vous vous souvenez de 30 voire 100 pensées, cela reste un nombre extrê-mement faible comparé à la tempête de pensées qui suit son cours chaque jour.

Cependant, toutes ces pensées créent des émotions en nous, et celles-ci influencent à leur tour nos actions et nos décisions depuis l’obscurité de notre subconscient. La plupart des gens n’aiment pas entendre que leurs décisions sont guidées par les émotions, parce que nous préférons nous considé-rer comme des individus rationnels, qui peuvent diriger consciemment leur vie. Et pourtant, que cela nous plaise ou non, une partie de notre cerveau est plus rapide que toute autre partie et provoque des réponses intuitives et souvent émotionnelles dans CHAQUE situation. Il s’agit de notre système limbique.

Le système limbique est la partie instinctive de notre cerveau. Il déclenche des réactions compor-tementales et émotionnelles ultra-rapides, en particulier lorsqu’il s’agit de comportements dont nous avons besoin pour survivre: la nutrition, la reproduction et les soins de nos enfants ainsi que les réponses de combat ou de fuite. Les structures les plus importantes du cerveau limbique sont l’hippocampe, l’amygdale et l’hypothalamus. C’est aussi le siège des jugements de valeur que nous portons – souvent inconsciemment – et qui influencent si fortement notre comportement.

Le cerveau limbique est une partie très ancienne de notre cerveau, car il est apparu il y a 150 millions d’années chez les premiers mammifères. Cela le rend 50 à 70 fois plus ancien que notre néocortex, la partie du cerveau à laquelle nous devons nos décisions cognitives. De plus, le système limbique traite l’information 200 fois plus vite que le cerveau cognitif! Il déclenche donc des réactions instinctives, et celles-ci ne se limitent pas à des situations extrêmement dangereuses. Peu importe ce que nous faisons, que nous écoutions une présentation ou ayons une première conversation avec un nouvel employé, notre système limbique est constamment présent et évalue en quelques millisecondes les plus petits signaux que nous ne percevons pas consciemment.

En raison de cette vitesse, nous ne pouvons pas nous empêcher d’éprouver des émotions, même si nous ne les trouvons pas utiles à certains moments. Les émotions sont quelque chose qui nous arrive involontairement plutôt que quelque chose que nous choisissons de laisser se produire. Une grande partie de l’explication de ce manque de contrôle direct sur nos émotions réside dans la façon dont le cerveau humain est connecté. Notre cerveau a évolué de manière qu’il y a beaucoup plus de connexions entre notre système limbique (le site des réactions instinctives et des émotions) et notre cortex (le lieu du contrôle conscient) que l’inverse.

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